Mardi, audit dans une mairie
Le DSI me regarde et lâche : "Et si on mettait Mammouth à tout le monde ?"
Je comprends l'idée. Mammouth, c'est bien. Pour un usage personnel, comparer des modèles, explorer. Personne ne crache dessus.
Sauf qu'ici, on parle de 7 services. Des chefs de pôle qui gèrent des urgences entre deux réunions. Des tâches répétitives qui consomment 30% de la semaine.
Ce dont ils ont besoin, ce ne sont pas des chatbots. Ce sont des agents.
Chatbot vs agent : la différence fondamentale
Un chatbot, c'est un assistant passif. Vous lui posez une question, il vous répond. Si vous ne lui demandez rien, il ne fait rien. C'est ChatGPT, Mammouth, Le Chat de Mistral.
Un agent, c'est un système actif. Vous le configurez une fois, et il exécute des tâches en arrière-plan :
- Un agent qui itère sur une présentation pendant que vous éteignez un feu entre deux arbitrages
- Un autre qui rédige un projet de contrat à partir d'un modèle et des données du dossier
- Une veille technique qui tourne tous les mardis, sans qu'on y pense
- Un dernier qui suit le pipe projets et relance les interlocuteurs tout seul
Mammouth ne fait rien de tout ça. ChatGPT non plus.
Ce que j'observe sur le terrain
J'accompagne des collectivités et des PME depuis plusieurs mois. Et le constat est toujours le même : le besoin n'est pas d'avoir "une IA". Le besoin est de supprimer des frictions.
Dans cette mairie, voici ce que les équipes faisaient à la main :
- Rédiger des courriers types (délibérations, convocations, notes de synthèse) en copiant-collant depuis des modèles Word
- Suivre l'avancement des projets dans un tableur que personne ne met à jour
- Relancer les prestataires par email, un par un, en vérifiant les dates dans un autre tableur
- Préparer les ordres du jour du conseil municipal en compilant des informations de 5 services différents
Chaque tâche prend 20 à 45 minutes, se répète tous les jours, et peut être confiée à un agent.
Le calcul est rapide : 5 agents qui passent chacun 2h par semaine sur ces tâches, c'est 520 heures par an. L'équivalent de 3 mois de travail à temps plein. Récupérés sans embaucher, sans réorganiser, juste en confiant le répétitif à un système configuré une fois.
À quoi ressemble un déploiement réaliste
Pas besoin d'un projet à 200 000 euros et 18 mois de cahier des charges. Un déploiement pilote en collectivité peut démarrer en quelques semaines.
Phase 1 : Un service, un cas d'usage
On choisit le service le plus demandeur (souvent le secrétariat général ou la direction technique). On identifie la tâche la plus chronophage. On déploie un agent qui la traite.
Phase 2 : Templates métier
On crée des modèles de documents adaptés au secteur public : délibérations, courriers aux administrés, notes de synthèse, comptes rendus. L'agent les utilise comme base et les personnalise selon le contexte.
Phase 3 : Rôles et permissions
Le DSI configure qui a accès à quoi. Un chef de service ne voit pas les mêmes données qu'un agent d'accueil. Les droits sont granulaires, les logs sont complets.
La question de la souveraineté
C'est souvent le premier frein en collectivité. "Où vont nos données ?"
La réponse dépend de l'outil choisi :
- ChatGPT, Mammouth (cloud) : vos données transitent par des serveurs tiers. Acceptable pour des usages génériques, problématique pour des données sensibles.
- Modèles locaux (Ollama, Mistral) : tout tourne sur votre serveur. Zéro donnée qui sort. Performances limitées mais souveraineté totale.
- Approche hybride : un modèle cloud puissant pour les tâches génériques, un modèle local pour les données sensibles. C'est le curseur que chaque collectivité doit régler selon sa politique de sécurité.
Avec des outils comme Thérèse Server, on peut déployer un assistant IA multi-modèles entièrement en local. Docker Compose, un copier-coller, et ça tourne. Les données restent sur le serveur de la mairie.
La vraie question pour un DSI
Quand un DSI me demande "quel outil IA déployer ?", je lui retourne toujours la question :
Vous cherchez un outil à distribuer, ou un système qui fait le travail ?
Un outil à distribuer, c'est une licence par agent. Un chatbot par poste. Un coût récurrent sans garantie de résultat, parce que tout repose sur la capacité de chaque agent à poser les bonnes questions.
Un système qui fait le travail, c'est une infrastructure. Des agents configurés pour les besoins spécifiques de chaque service. Des tâches automatisées qui tournent sans intervention. Un investissement initial en configuration, puis un système qui produit.
La différence, c'est celle entre donner une calculatrice à tout le monde et installer un système de comptabilité.
Par où commencer
Si vous êtes DSI, DGS ou élu en charge du numérique :
- Identifiez le service qui souffre le plus de tâches répétitives
- Listez 3 tâches concrètes qui prennent plus de 20 minutes et se répètent chaque semaine
- Testez un pilote sur un seul cas d'usage, avec un budget minimal
C'est exactement l'approche que je propose lors d'un audit gratuit de 30 minutes. On identifie ensemble le cas d'usage prioritaire et on évalue ce qui est faisable avec votre infrastructure existante.
Pour un déploiement complet, le programme RAYONNER accompagne vos équipes sur une journée : installation, configuration, formation et premiers cas d'usage opérationnels.
Pour aller plus loin
- Thérèse Server : l'outil que je déploie en mairie
- RAG expliqué simplement (pour le documentaire public)
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