En mars, j’ai repris deux abonnements ChatGPT, quelques semaines après avoir écrit sur LinkedIn « arrête ton abo ChatGPT ». Le but : faire tourner deux agents OpenClaw en parallèle sur ma machine, chacun sur son compte via Codex, pour 40 € par mois en tout.
Deux mois plus tard, j’écrivais que brancher un agent sur une API était peut-être la meilleure façon de s’en dégoûter. Ses performances n’en souffrent pas. Pour autant, le coût peut exploser, surtout si vous visez les modèles en tête des classements, quel que soit le fournisseur.
Depuis, les règles ont encore bougé : OpenAI le 29 septembre, Anthropic le 7 octobre. J’ai donc remis à plat, au 9 octobre 2026, les deux façons de payer un agent IA, en partant de ce que je fais tourner chez moi.
Abonnement ou API : deux façons de payer le même modèle
L’abonnement est un forfait mensuel. Claude Pro est affiché à 20 dollars par mois hors taxes (17 dollars en paiement annuel) et Max à partir de 100 dollars. Chez OpenAI, ChatGPT Plus est affiché à 20 dollars par mois et Pro à partir de 100 dollars, sans précision sur les taxes. Le forfait comprend un volume d’usage plafonné : chez Anthropic, une limite par session de cinq heures et une limite hebdomadaire, communes à Claude et à Claude Code.
L’API, c’est l’accès direct aux modèles, facturé à la consommation. On y paie au jeton, cette unité de texte qui représente environ quatre caractères en anglais selon Anthropic, et chaque modèle a son tarif. Au 9 octobre 2026, Claude Sonnet 5.5 coûte 2 dollars par million de jetons lus et 10 dollars par million de jetons écrits. Claude Opus 5.5 passe à 4 et 20 dollars, et Claude Fable 5.1, prévu pour le raisonnement exigeant, à 10 et 50 dollars.
Les deux ne se comparent pas d’une simple règle de trois. OpenAI l’écrit sur sa page de tarifs : les prix de l’API sont distincts de l’usage compris dans l’abonnement, et ils ne servent pas à estimer le nombre de tâches qu’un forfait couvre.
Pourquoi un agent IA coûte vite cher sur l’API
Un agent travaille en boucle. Pour choisir sa prochaine commande, il relit ses consignes et les fichiers ouverts, puis il lit le résultat de cette commande avant de recommencer. OpenAI le note à propos des limites de ses forfaits : les tâches longues et les sessions où l’agent garde beaucoup de contexte consomment nettement plus par message.
Anthropic donne un exemple de calcul dans sa documentation : une session de code d’une heure avec Claude Opus 5, qui consommerait 50 000 jetons en entrée et 15 000 en sortie, reviendrait à environ 0,71 dollar sur sa plateforme d’agents hébergés, temps de session compris, et à environ 0,53 dollar si 40 000 de ces jetons étaient relus depuis le cache. Ces volumes servent à illustrer le calcul : ceux de votre agent dépendent de ce qu’il relit à chaque étape. La facture monte quand l’agent travaille tous les jours, et plus encore quand on passe Opus en mode rapide.
J’en ai fait l’expérience avec Opus 4.6 : sur des tâches un peu lourdes, le coût grimpe à une vitesse qui pique. En testant son mode rapide, j’ai brûlé en vingt minutes les 50 € de crédit qu’Anthropic m’avait offerts. Aujourd’hui, ce mode coûte le double du tarif normal : sur Opus 5.5, le million de jetons lus passe à 8 dollars et le million écrit à 40 dollars, au lieu de 4 et 20.
Le tarif ne dit pas tout : un résultat qu’il faut reprendre plusieurs fois peut coûter davantage qu’un résultat juste du premier coup sur un modèle plus cher, comme je le détaille dans mon retour sur les quotas et le coût d’une tâche terminée.
Abonnements Claude et ChatGPT : les règles au 9 octobre 2026
Chez Anthropic : Claude Pro, Max et Team
Claude Code est compris dans les abonnements Pro et Max. Selon la page d’aide d’Anthropic mise à jour le 7 octobre, le kit de développement d’agents (Agent SDK), le mode non interactif claude -p et les applications tierces peuvent toujours puiser dans les limites de votre abonnement. La page ne dit pas quelles applications tierces sont admises. Pour brancher un agent open source comme OpenClaw ou Hermes sur un forfait Max, je ne m’appuierais pas sur cette seule phrase.
Fin mai, j’annonçais sur LinkedIn qu’Anthropic allait leur réserver, à partir du 15 juin, une enveloppe séparée. Le 15 juin, l’éditeur a suspendu ce changement, et cette enveloppe n’existe pas.
Depuis le 7 octobre, les forfaits Max et Team incluent en plus un crédit mensuel pour l’API : 100 dollars sur Max 5x, 200 dollars sur Max 20x, 20 ou 100 dollars par siège sur Team, dans la limite de 500 dollars pour l’équipe. Il s’utilise avec une clé API de l’organisation de la console Claude reliée à votre forfait : toutes les applications qui appellent l’API avec cette clé le consomment, un agent open source comme Hermes compris. C’est la voie que je conseille pour ce type d’agent. Il ne couvre pas Claude Code utilisé en direct et ne se reporte pas d’un mois sur l’autre. Une fois ce crédit épuisé, les appels s’arrêtent jusqu’au mois suivant, sauf si vous avez acheté des crédits en plus. Le forfait Pro n’y a pas droit.
Attention aux modèles Fable : sur Pro, ils se paient à l’usage dès le départ, et sur Max, ils peuvent occuper jusqu’à la moitié de votre limite hebdomadaire.
Chez OpenAI : ChatGPT et Codex
Codex est compris dans tous les forfaits ChatGPT, du gratuit à Enterprise. Sur Plus, OpenAI estime qu’on peut envoyer entre 15 et 160 messages locaux par période de cinq heures avec GPT-6.1 Sol, selon la taille des tâches, et des limites hebdomadaires peuvent s’ajouter. Les forfaits Pro n’ont pas de limite sur cinq heures pour l’instant. Une fois leurs limites atteintes, les abonnés Plus et Pro peuvent acheter des crédits.
Le 29 septembre, lors de son DevDay, OpenAI a officialisé « Sign in with ChatGPT » : les abonnés Plus et Pro éligibles peuvent utiliser leur forfait pour les requêtes d’IA d’une application partenaire, sans fournir de clé API. OpenClaw documente de son côté le branchement sur un abonnement ChatGPT via Codex, le chemin que j’avais pris en mars.
Claude Code : le piège de la clé API oubliée
La page d’aide de Claude Code le précise : si une variable ANTHROPIC_API_KEY est définie sur votre ordinateur, Claude Code l’utilise à la place de votre abonnement, et chaque requête est facturée au tarif de l’API.
Même logique quand vous atteignez la limite de votre forfait : Claude Code peut vous proposer de continuer avec des crédits d’API. Pour rester dans votre abonnement, refusez et patientez jusqu’à la remise à zéro. La commande /status vous permet de suivre votre consommation. Coupez aussi la recharge automatique des crédits dans la console d’Anthropic.
J’ai vécu la version agent de ce piège en juillet. Deux de mes agents tournaient sur un abonnement ChatGPT, avec une solution de secours branchée sur une API payante. Le jour où la connexion à l’abonnement a lâché, ils ont basculé dessus sans bruit, ce qui masquait la panne, et ils ont presque épuisé le crédit. J’ai retiré ce secours : je préfère qu’un agent s’arrête et me le signale plutôt qu’il dépense sans que personne s’en aperçoive.
Ce que je fais tourner, et ce que je conseille
Syn, mon assistante, tourne sur un mini PC à 200 euros posé sur une étagère, payé une fois, plus l’abonnement Claude que j’utilise déjà tous les jours. Le boîtier ne fait que l’héberger : le moteur reste celui de Claude, dans le cloud d’Anthropic. Ce qu’elle fait quand je dors, je le raconte dans mon article sur ce qu’il faut prévoir pour faire travailler un agent la nuit.
Quand je chiffre un agent pour un client, je pars de la même idée : un coût connu d’avance plutôt que la facture d’API au jeton, celle que beaucoup redoutent. Le bon forfait dépend de son usage et des conditions de l’éditeur, que nous vérifions ensemble avant de lancer quoi que ce soit. Pour choisir entre Claude Code et Codex, voyez mon comparatif de ChatGPT, Codex et Claude Code.
Quand l’API reste le bon choix
Les forfaits Pro et Max d’Anthropic sont des abonnements individuels. Dès que l’agent sert d’autres personnes que vous, dans une application ouverte à vos clients ou sur un serveur partagé, l’API redevient la voie normale. OpenAI présente d’ailleurs la clé API de Codex comme l’option adaptée à l’automatisation dans des environnements partagés, par exemple l’intégration continue. Pour proposer l’usage des forfaits ChatGPT dans une application payante ou hébergée à distance, il faut remplir un formulaire d’intérêt : la connexion commerciale reste un essai limité à des partenaires sélectionnés.
Et l’API n’est pas toujours chère. Anthropic conseille lui-même de prendre le plus petit modèle qui suffit à la tâche et de mettre en cache le contexte qui se répète. Pour ce qui n’est pas urgent, il recommande aussi le traitement par lots, à moitié prix. Claude Haiku 5.5, prévu pour les gros volumes de classement et d’extraction, démarre à 0,10 dollar par million de jetons lus : pour trier des documents par milliers, le calcul peut pencher vers l’API.
Les règles changent : datez votre choix
En mars, je présentais OpenAI comme le seul fournisseur qui acceptait qu’un abonnement serve de moteur à un agent OpenClaw. Fin mai, dans le post où j’annonçais cette enveloppe fantôme, j’ajoutais qu’un jour, faire tourner un agent sur un abonnement ne serait sans doute plus possible. Pour l’instant, les deux éditeurs font l’inverse : ils encadrent cet usage et l’ouvrent davantage.
Avant de choisir, relisez donc deux pages le jour même : l’aide d’Anthropic sur l’usage de l’Agent SDK avec votre forfait, et la page de tarifs de Codex chez OpenAI. Notez la date de votre lecture à côté de votre décision, et fixez un plafond de dépense dès le premier jour.
Par où commencer
Pour installer Claude Code ou ChatGPT sur votre poste, avec votre abonnement, et l’essayer sur vos propres cas, une séance FORGER de 2 h 30 coûte 490 € HT, soit 588 € TTC. Pour repartir avec un agent qui tourne sur un serveur sécurisé à votre nom, la journée FORGER+ de 6 h coûte 1 290 € HT, soit 1 548 € TTC. Dans les deux cas, une prise en charge par votre OPCO est possible, selon ses critères.
Apprendre à construire vous-même un agent, c’est l’objet du parcours PROPULSER, ma formation Claude Code de trois semaines, qui existe aussi sur Codex. Il coûte 2 490 € HT, soit 2 988 € TTC, finançable sous conditions par votre OPCO ou votre FAF. Sur le parcours Claude Code, l’abonnement Claude reste à votre charge. Comme les règles des éditeurs bougent, ANCRER permet de faire le point chaque mois, sans engagement : 100 € HT (120 € TTC) la demi-heure ou 200 € HT (240 € TTC) l’heure.
Si vous hésitez encore, mesurez d’abord le vrai coût de la tâche à confier, puis réservez l’audit gratuit de 30 minutes. Venez avec cette tâche : combien de fois revient-elle chaque semaine, et combien seriez-vous prêt à payer pour ne plus la faire ?