Fin août, j’ai publié sur LinkedIn un post qui tenait en deux dates et une source, avec une invitation : aller les lire sur le site des impôts plutôt que de me croire. Le 1er septembre 2026, toutes les entreprises établies en France et assujetties à la TVA devaient pouvoir recevoir leurs factures au format électronique, quelle que soit leur taille. L’émission suivrait un an plus tard pour les PME et les micro-entreprises.
La première échéance est passée. La seconde tombe le 1er septembre 2027, et c’est elle qui changera le quotidien des freelances qui facturent des entreprises. D’ici là, il reste moins d’un an pour remettre de l’ordre dans sa facturation, et une partie de ce travail s’automatise déjà avec un agent IA. Le mien s’occupe de mes factures depuis le printemps, avec un bouton qu’il n’a pas le droit de toucher.
Facture électronique : ce qui change, et quand
Depuis le 1er septembre 2026, la réception vaut pour tous, et les grandes entreprises et les ETI sont aussi tenues d’émettre leurs factures au format électronique. Les PME et les micro-entreprises le feront à partir du 1er septembre 2027, et la transmission de certaines données à l’administration, l’e-reporting, suit le même calendrier.
Un freelance qui travaille seul est une micro-entreprise au sens de la réforme, tant que son chiffre d’affaires ou son total de bilan reste sous les 2 millions d’euros. Bénéficier de la franchise en base de TVA ne vous sort pas de la réforme : la fiche Tout savoir sur la facturation d’Entreprendre Service Public cite justement l’exemple d’un micro-entrepreneur qui facture une agence de communication française.
Toutes vos factures ne suivront pas le même chemin. Celles que vous adressez à des entreprises établies en France et assujetties à la TVA passeront au format électronique. Celles qui vont à des particuliers ou à des clients étrangers restent hors de ce circuit, mais certaines de leurs données devront être transmises à l’administration. Vos clients publics, eux, reçoivent déjà vos factures électroniques par Chorus Pro, obligatoire depuis 2020.
Les factures entre entreprises transitent par une plateforme agréée par l’administration fiscale, ou par un logiciel compatible raccordé à l’une d’elles. L’État annonçait en 2022 un portail public gratuit pour les échanger. Il y a renoncé en octobre 2024 : le choix de la plateforme vous revient.
À partir de 2027, vos factures porteront quatre mentions de plus : le numéro SIREN du client, la nature des opérations (biens, services ou les deux), l’adresse de livraison quand elle diffère de celle du client, et l’option pour le paiement de la TVA d’après les débits, si vous l’avez prise.
Ce que prévoit la loi en cas de manquement
La loi de finances pour 2026 a fixé les amendes. Ne pas émettre une facture électronique quand on y est tenu coûte 50 € par facture, dans la limite de 15 000 € par an. Ne pas recevoir ses factures par une plateforme agréée vaut d’abord une mise en demeure de s’y conformer sous trois mois, puis une amende de 500 € assortie d’un nouveau délai, puis 1 000 € tous les trois mois tant que rien n’est régularisé. Entreprendre Service Public précise enfin que les amendes ne s’appliquent pas à une première infraction constatée sur les quatre dernières années, l’année en cours comprise. Encore faut-il qu’elle soit réparée spontanément, ou dans les trente jours qui suivent la première demande de l’administration. Pour la phase de démarrage, la DGFiP a précisé dans son guide pratique de juillet 2026 qu’elle n’appliquerait pas ces sanctions aux entreprises qui rencontrent des difficultés de mise en œuvre mais sont engagées dans une trajectoire sérieuse de mise en conformité, en ajoutant que ce n’est ni un report ni une suspension de l’obligation.
Recevoir ses factures : ce qui est en place chez moi
Pour la réception, j’ai choisi Indy, comme d’habitude : j’y tenais déjà ma comptabilité, et il fait partie des plateformes agréées. Au 1er septembre, jour de l’échéance, Synoptïa y était bien inscrite. En août, deux grands groupes parmi mes fournisseurs m’avaient écrit à quelques jours d’intervalle : l’un comptait adresser ses factures à mon numéro SIREN s’il figurait à l’annuaire, l’autre prévenait qu’un identifiant fiscal inexact ferait rejeter les siennes.
Début octobre, sept factures d’achat étaient arrivées par ce canal. Les autres arrivent encore par mail, et Indy le rappelle : tant qu’un fournisseur n’émet pas en électronique, sa facture papier ou par mail reste un justificatif valable. Chez Indy, chaque facture reçue doit ensuite être associée à la transaction bancaire qui lui correspond. Pour les factures venues par mail ou d’un espace client, ce rattachement, je l’avais confié à un agent avant même l’échéance.
Factures d’achat : ce que mon agent IA automatise chaque matin
Depuis mai, un agent passe chaque matin (en ce moment à 7 h 45) sur les transactions de mon compte qui n’ont pas encore de justificatif. Pour chaque dépense fournisseur, il identifie le fournisseur et cherche la facture dans mes mails ou sur l’espace client des fournisseurs qu’il connaît, en se fiant au montant et à la date. S’il la trouve, il la télécharge.
Avant qu’une facture soit jointe (hors relevés mensuels de la banque), un second agent relit le travail du premier. La facture vient-elle bien de ce fournisseur, et son montant comme sa date collent-ils à la dépense ? N’est-elle pas déjà jointe à une autre transaction ? Au moindre doute, rien n’est joint et je reçois un message. En fin de passage, l’agent écrit un bilan : ce qui a été joint, et ce qui manque encore. J’explique ailleurs pourquoi je fais relire mes agents par d’autres agents.
D’ici le 31 décembre 2026, mon agent doit apprendre à regarder d’abord ce qui est déjà arrivé par la plateforme, pour ne pas joindre deux fois la même facture.
Mes factures clients : l’agent s’arrête au brouillon
Après une prestation, je demande à mon agent de monter la facture. Il crée le client à partir de son numéro SIRET, et le logiciel récupère seul les informations légales de l’entreprise. Il saisit ensuite les lignes, avec leur prix unitaire hors taxes et la TVA, puis il enregistre le tout en brouillon. Le bouton « Valider la facture », il n’y touche jamais.
La raison tient dans la règle de numérotation. Chaque facture porte un numéro unique, pris dans une séquence chronologique et continue. Une fois émise, elle ne se modifie plus : une erreur se corrige par une facture rectificative qui porte un nouveau numéro, ou par un avoir si elle a déjà été payée. Entreprendre Service Public note que la validation déclenche généralement l’émission de la facture, et son envoi au client quand elle est électronique. La fiche recommande donc de vérifier le client et le montant avant ce clic, sans oublier la TVA ni la date. Je relis, puis je clique.
Avec la facture électronique, le logiciel raccordé à la plateforme attribuera lui-même le numéro et intégrera les mentions obligatoires. Cela ne dispense pas de relire la facture avant de la valider, ajoute la fiche. Le même principe vaut chez moi pour tout ce qui part chez un tiers : mon agent prépare les réponses à mes clients, et chacune attend mon accord.
Préparer 2027 : ce qu’un agent peut défricher pour vous
D’ici septembre 2027, une bonne partie du travail consiste à rassembler des informations dispersées. Cette collecte se confie bien à un agent, à condition de relire ce qu’il rapporte.
- Le SIREN de chaque client entreprise. Il deviendra une mention obligatoire. Un agent peut relever les numéros manquants dans vos fiches clients, puis vous les présenter à vérifier. Chez moi, c’est prévu avant la fin du premier trimestre 2027.
- La carte de vos flux de facturation. L’administration conseille de commencer par recenser vos opérations, et un agent peut en faire un premier tri à partir de vos factures de l’année.
- Votre option pour la TVA sur les débits. Si vous l’avez prise, la mention devra figurer sur vos factures. Dans le doute, votre comptabilité ou votre expert-comptable vous le dira.
- Ce que votre outil sait émettre. La page d’aide d’Indy, mise à jour le 22 septembre, l’indiquait toujours le 23 octobre : l’envoi de factures électroniques par le réseau des plateformes agréées n’est pas encore disponible chez lui. En attendant, une facture PDF envoyée par mail à une entreprise reste parfaitement conforme pour une PME ou une micro-entreprise, jusqu’en septembre 2027.
Une dernière précaution vient d’Indy : si vous êtes inscrit chez lui pour la réception, n’activez pas l’étape « Inscription plateforme agréée » dans un autre outil d’émission. Vous risqueriez d’écraser votre inscription de réception. Le jour où une banque ou un logiciel de devis me proposera d’« activer la facturation électronique », je lirai l’écran deux fois.
Les gestes que je garde pour moi
L’inscription sur une plateforme agréée en fait partie. Chez Indy, elle demande la pièce d’identité du représentant légal et la signature d’un mandat qui autorise la plateforme à transmettre les factures au nom de l’entreprise. On peut changer de plateforme à tout moment : la nouvelle s’occupe des démarches, et l’annuaire est mis à jour dans un délai de 15 jours ouvrables au plus après l’accord de l’ancienne. Ces démarches engagent l’entreprise. Elles restent donc entre mes mains.
Le sort des factures reçues aussi. L’administration conseille de vérifier chaque facture dès sa réception et de la valider si elle est conforme. Toute anomalie se signale sur la plateforme. Un agent peut repérer un écart et me le montrer, mais contester une facture auprès d’un fournisseur reste une décision de dirigeant.
Par où commencer
Lisez d’abord les dates à la source, sur la fiche d’Entreprendre Service Public consacrée à la mise en conformité avec la facturation électronique, plutôt que de me croire sur parole. Le numéro national d’assistance, 0 806 807 807 (service gratuit, prix de l’appel), répond aussi aux questions des entreprises. Ensuite, regardez ce que votre facturation vous coûte chaque mois : la méthode tient dans un article sur le vrai coût d’une tâche manuelle.
Pour prendre en main un agent sur vos propres cas, une séance FORGER de 2 h 30 coûte 490 € HT, soit 588 € TTC. La journée FORGER+ de 6 h, à 1 290 € HT (1 548 € TTC), vous permet de repartir avec un agent installé sur un serveur sécurisé à votre nom, et un ou deux flux de travail déjà en place. Avec PROPULSER, ma formation Claude Code de trois semaines, vous apprenez à concevoir vous-même ce genre d’automatisation, pour 2 490 € HT (2 988 € TTC). Ces trois formations sont finançables sous conditions. Une fois l’agent en place, l’accompagnement IA ANCRER permet de suivre chaque mois l’ouverture de l’émission chez votre plateforme, sans engagement : 100 € HT (120 € TTC) la demi-heure, ou 200 € HT (240 € TTC) l’heure.
Si vous travaillez à votre compte, ma page consacrée à l’IA pour les freelances résume ce que je vous propose. Venez à l’audit gratuit de 30 minutes avec une question en tête : quelle facture vous a pris le plus de temps le mois dernier ?